L'Église Notre Dame des Victoires

Circuit Découverte n°7

Brochures sur les circuits découverte du patrimoine de la ville de Marcq-en-Barœul : "Eglise N.D. des Victoires"

Vous trouverez cette brochure à votre disposition gratuitement à la direction de la communication de la mairie de Marcq-en-Barœul.

Circuit découverte n°7 - Eglise Notre Dame des Victoires Circuit découverte n°7 - Eglise Notre Dame des Victoires 1.41 Mb

Expression d'une époque et d'un milieu

Durant les XIXe et XXe siècles, les habitants du Pont, à Marcq-en-Barœul, voient se succéder deux édifices religieux, illustrant chacun son époque.

Vers 1860, la construction d'une première église Notre Dame des Victoires s'avère nécessaire dans un quartier en pleine expansion démographique, en raison de l'industrie naissante.

Jusqu'alors, une petite chapelle privée dédiée à Notre-Dame de la Barrière, actuellement, rue de la Vieille Chapelle, faisait office de lieu de culte. Cette dernière étant excentrée par rapport aux logements ouvriers, son agrandissement ne paraît pas aussi judicieux que le projet présenté par les frères Scrive. Ces derniers, propriétaires d'une papeterie et d'une importante filature dans le quartier, intègrent en effet la construction d'un bâtiment cultuel au sein de leur œuvre urbanistique : les cités Scrive.

Dès 1863, les familles Chamonin, De Badts et Scrive, offrent les fonds et terrains nécessaires à l'édification de l'église comme au percement de la rue la reliant à l'actuelle rue Nationale. Le bâtiment, conçu par l'architecte L. Gilquin, et faute de moyens, terminé onze ans plus tard par Maillard (nef et clocher), est béni le 17 février 1864. Construit à l'économie en briques et dans le style néogothique, son architecture est typique des églises de la moitié du XIXe siècle. Cela associé à divers faits de guerre, condamne l’église à court terme : un rapport de 1972 voue en effet cet édifice à la démolition, une restauration étant jugée trop onéreuse.

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Les vitraux
Maîtres verriers : Claude Blanchet et Jean-Pierre Lesage (Boulogne sur mer).
Vingt-neuf vitraux colorés aux dessins abstraits, parsemés dans tout l'édifice, éclairent l'intérieur d'une lumière ambiante qui allège l'ensemble au plafond de bois bas et au sol en travertin. Seul le chœur bénéficie d'un éclairage zénithal. Les maîtres-verriers ont eu recours à deux techniques : celle traditionnelle, du verre posé au plomb sur châssis bois alterné avec l’emploi des dalles de verre éclatées, scellées dans un châssis de béton blanc.
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Etroits et tout en hauteur comme des lancettes, douze vitraux viennent rythmer et illuminer les murs de briques des deux côtés de la large nef. Ils vont par groupe de six. En profondeur dans l'église, vers le chœur, deux baies s'imposent plus que les autres. Très larges et rectangulaires, elles épousent la forme courbe du mur de part et d'autre des bancs de l'assistance. Ces vitraux arborent des couleurs vives, symboles des joies et peines de l'Homme : le bleu de l'Espérance, le jaune éclatant de la Lumière et le rouge de la Foi et de l'Amour.

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Plus sombres, des gris bleutés et violacés représentent l'Ordinaire de la liturgie. Ils sont divisés en cases, les châssis leur servant d'encadrement. Dans le cas des plus grandes baies, cela donne une impression d'enfermement accentuée par une saturation de couleurs : c'est la lutte du bien contre le mal. Dans certains panneaux, toutefois, le blanc s'inscrit comme emblème de la pureté, de l'honnêteté et de la fidélité.
Le chœur
Architecte : Paul Dessauvages. Sculpteur-émailleur : Marc Hénard (ateliers de l’abbaye de La Pierre qui Vire).
L'autel, lieu de la célébration, peut être vu de toute l'assistance grâce à un sol en pente douce. Le mobilier liturgique, tels l'autel et le chandelier, est réalisé en cuivre martelé. Certains éléments sont enrichis d'émaux, comme le lutrin, représentant les quatre évangélistes : Saint Mathieu, Saint Marc, Saint Luc et Saint Jean.
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Derrière l'autel, un banc court le long de la partie basse du mur courbe. Au-dessus, sur la droite, se détachant du mur par un encadrement de briques et pierres,s le tabernacle présente en son centre un motif de cuivre martelé. A gauche, un grand Christ de chêne en croix prend place un peu plus haut. De part et d'autre du mur, ont été ménagées deux larges alcôves. Celle de gauche reçoit les fonts baptismaux, les orgues occupent celle de droite. Tous ces éléments sont l'œuvre d'un unique artiste du Morvan, Marc Hénard.

La chapelle de semaine
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Située à l'arrière de l'église, en appendice, la structure de cette chapelle suit la courbe générale du bâtiment. Elle est entourée de part et d'autre par la sacristie et un dépot . Une série de cinq vitraux en lancettes, comme dans la nef, éclaire la pièce de nuances colorées.

L'autel, en bois peint, provient de l'ancienne église. Chaque face comporte un décor sculpté architecturé symbolisant des contreforts et des colonnes. Sur le panneau central faisant face à l'assistance, la Cène prend place dans un cadre à quatre lobes. Sur les côtés, une vigne s'inscrit dans un arc brisé. Les murs, en briques, sont animés par trois panneaux en bois sculptés dont l'un met en scène l'Annonciation. Ils composaient la chaire de la première église Notre Dame des Victoires.

Quatre autres, représentant les évangélistes, décorent les murs de chaque côté des bancs de l'assistance dans l'église. Enfin, le tabernacle en cuivre martelé est réalisé par Marc Hénard.

Autre temps, autre église
Pour la construction de l'église actuelle, les conditions de vie dans le quartier ne sont plus les mêmes. Avec la fin de l’ère industrielle, la population a diminué en même temps que les pratiques religieuses.
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Suite à l’acte de dotation du 20 décembre 1863, l'église du Pont est propriété communale et c’est à la ville que revient la construction du nouvel édifice religieux. Quatre années s'écoulent cependant depuis la prise de décision, en 1972, de détruire l'église. Un long débat oppose les partisans d'une construction sur un autre emplacement au bénéfice d'une place aérée, et ceux d'une reconstruction in situ. La dernière solution l'emporte finalement avec l’appui du quartier.

En juin 1975, le conseil municipal approuve le projet de l'architecte marcquois Paul Dessauvages, et Monseigneur Honoré, Vicaire général du diocèse, pose la première pierre le 16 mai 1976. L'église s’ouvre à nouveau un an plus tard. Le 11 septembre de la même année, l'abbé Sègre, curé de la paroisse Notre Dame des Victoires, et Monseigneur Gand, Evêque de Lille, bénissent les murs aux côtés de Serge Charles, Maire de la Ville.

L'architecture intérieure
Rue Jacquard. 1976-1977 Architecte : Paul Dessauvages
L’église d’aujourd’hui est de facture moderne. Entièrement en briques, toute en courbes et d'une hauteur moyenne (6,50 m), elle s'intègre harmonieusement dans la place.Fait de plusieurs volumes s'emboîtant les uns dans les autres, le plan de cette église est loin d’être traditionnel. Une immense croix en tôle d’aluminium, prenant appui sur un large auvent en demi-cercle, matérialise l'entrée. Au dessous, deux vitraux encadrent la large porte d'entrée en bois. L'ensemble est flanqué de deux salles cylindriques.
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Puis, annonçant l'église au loin et s'épanouissant telle une proue de navire, se dresse le clocher de 18,45 m. Son centre évidé permet de loger deux cloches en bronze, bénies le 28 mars 1925, remplaçant celles prises par les Allemands en 1917. Ce clocher s'achève vers l'arrière en formant une demi-coque de bateau laquelle s'encastre dans une autre, plus large mais plus basse.

La première abrite la nef, la seconde l'assemblée et le lieu de célébration (le chœur). Sur plan, le tout forme une ellipse. Enfin, plusieurs petits volumes s'imbriquent les uns dans les autres : au centre, un bâtiment en éventail (la chapelle de semaine) entouré de deux petits volumes en forme de quart-de-rond rejetés sur les côtés (dont la sacristie, à gauche).

Le plan détaillé
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  Vitraux
Plaquette rédigée par la Direction des Affaires Culturelles - Service Patrimoine
Crédit photos : Sylvie Vangoethem - Direction de la Communication