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pano actu 02 2018

L'actualité


Si le harcèlement entre élèves a lieu majoritairement dans l’établissement scolaire, il n’est pas rare aujourd’hui qu’il se poursuive, voire débute, à travers l’usage des réseaux sociaux.

 Depuis plusieurs années, la Ville de Marcq-en-Baroeul s’est mobilisée pour prévenir et éviter les situations d’harcèlement, et plus particulièrement le cyberharcèlement.

En 2016, la Ville a mis en place des ateliers cinéma auprès des jeunes marcquois, âgés de 9 à 16 ans, avec deux objectifs : s’initier aux techniques cinématographiques et être sensibilisés au phénomène du cyberharcèlement, grâce à la rencontre avec Anne-Sophie Bordry, experte en usages sur internet et créatrice de l’application Stop Bashing.

A l’issue de ces ateliers, trois courts-métrages ont été réalisés par les jeunes, dénonçant ainsi les pratiques et les conséquences du cyberharcèlement, avec un slogan : « Le cyberharcèlement, parlons-en » afin de toucher toutes les générations, notamment les plus jeunes.

Aujourd’hui encore, la Ville reste attentive à cette problématique qui, avec le développement des réseaux sociaux et de l’internet mobile, est devenue un véritable fléau touchant plus de 1,4 million de jeunes mineurs. Bernard Gérard avait d’ailleurs déposé en 2015 une proposition de loi à l’Assemblée Nationale pour lutter contre le cyberharcèlement.

Revisionnez les courts-métrages réalisés, lisez le témoignage des parents d’une jeune fille harcelée et écoutez la chanson écrite par une victime marcquoise de ce fléau.

 

 Clip CYBERHARCÈLEMENT

Court-métrage "SPLITSCREEN"

Court-métrage "Fantôme"

 

Témoignage des parents d’une jeune fille harcelée

Cyber-harcèlement : « retourner à l’école était devenu une phobie »

Alors qu’un groupe de jeunes travaillait sur le thème du cyberharcèlement à travers des ateliers cinéma, nous avons rencontré un couple dont la fille a été victime d’harcèlement pendant plusieurs mois.

Si les jeunes savent ce qu’est le cyberharcèlement, pour beaucoup d’entre eux, cela reste un jeu sans vrai danger. Et pourtant, cette situation peut rapidement tourner au cauchemar. C’est ce qui est arrivé à Lila* et sa famille, ici, à Marcq-en-Baroeul. Tout est parti d’une broutille entre deux amies. L’une a monté un clan contre la première et cette dernière en a payé les frais. Les jets de chewing-gum dans les cheveux. Les insultes verbales. Et surtout les insultes écrites sur les réseaux sociaux ou les sms. Pendant des semaines, Lila a supporté ce type de messages sur snapchat, facebook ou encore ceux d’anonymes sur ask.

Scarifications

Les parents savaient qu’ils y avaient de la tension entre les deux amies, mais jamais ils n’avaient imaginé cela. Prévenue par l’établissement scolaire, la mère de Lila est venue la chercher. Et c’est ce jour-là qu’elle a vu les scarifications que sa fille s’était infligée. Un choc. « Je l’ai senti jusque dans mes tripes. Et quand je croise encore ceux qui lui ont fait ça, mes émotions remontent à la surface et j’en ai l’estomac retourné », avoue la maman qui ne décolère pas.

La jeune fille s’est alors confiée à ses parents. Ils ont pris les choses en main, «  mais en tant que parents, nous ne sommes jamais préparés à ce genre de chose et on peut malheureusement aussi passer à côté », prévient la maman. Au départ, le papa a insisté pour qu’elle retourne à l’école « je lui ai dit, vas-y, tiens -toi droite mais elle ne pouvait plus. C’était impossible. Retourner à l’école était devenu une phobie ».

Déscolarisation

Les parents en sont alors venus à déscolariser leur fille pendant quatre mois avec l’aide du médecin scolaire, du directeur de l’établissement et des structures existantes. « On ne pouvait pas la changer d’établissement car avec les réseaux sociaux, tout va très vite ». Afin de surmonter cette épreuve, le corps enseignant s’est mobilisé, « nous avons été écoutés et entendus ».

Les parents ont également déposé une main courante contre les harceleurs. Chez Lila, c’est un sentiment de peur, de honte et appréhension du quand dira-t-on qui dominaient. « Nous étions tous concernés. C’est un sujet envahissant au quotidien.  On ne pensait qu’à ça », souligne le papa.

Un sujet toujours présent

Plusieurs mois après, la jeune fille a retrouvé une scolarité normale. Mais le sujet reste encore très présent.  Il y a aura toujours un avant et un après. Cet épisode l’a fragilisée. « Le seul point positif, c’est qu’elle a aujourd’hui une grande confiance en nous et si quelque chose la tourmente, elle nous en parle. Nous sommes aussi extrêmement vigilants », insiste la maman. Lila commence seulement à se considérer comme une victime. Elle n’a pas totalement tourné la page. Elle porte encore les stigmates de cet événement qui restera longtemps inscrit dans sa mémoire. Mais elle a aussi envie d’aider les autres. Pour que cet enfer qu’elle a vécu ne touche plus aucun adolescent.

*Le prénom a été modifié afin de préserver l’anonymat de la victime.

 

"Les grilles des écoles" par Axelle, jeune Marcquoise  

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